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Editions : 2001/2002
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RESIDENCE D'AUTEURS DRAMATIQUES
A BAMAKO
Tél:... ............................

- dernière maj janv 2003
La Ruche Sony Labou Tansi En association avec sa conceptrice Monique Blin, présidente des Ecritures vagabondes et de ClaudeYersin, directeur du Nouveau Théâtre d'Angers, BlonBa assure l'organisation au Mali de la Ruche Sony Labou Tansi, résidence d'auteurs dramatiques de l'espace francophone (Algérie, Bénin, Belgique, Côte d'Ivoire, France, Maroc, Niger, Madagascar, Mali, Togo).
LES AUTEURS

Sommaire édition 2002

  • en préparation...

Sommaire édition 2001

Edition 2001

Le projet, le dispositif…

Conçue par Monique Blin avec la collaboration de partenaires angevins et maliens lors du Festival des Réalités à Bamako en novembre 2000, La Ruche Sony Labou Tansi est une co-production entre Ecritures Vagabondes, Le Nouveau Théâtre d'Angers et l'association malienne BlonBa.
Il s'agira de faire venir pendant un mois au Mali, des auteurs dramatiques venus d'horizons divers. Le groupe, constitué d'écrivains expérimentés et d'autres en début de parcours, vivra une double expérience : le partage et la rencontre avec la réalité malienne.
Dans cette idée de partage il y a un point de départ un peu volontariste qui consiste à former un groupe d'individualités réunies par une passion commune : l'écriture théâtrale et, plus largement, le théâtre, de lui proposer un mois de vie collective au cours duquel chacun prendra connaissance du travail et des démarches d'écriture de l'autre et livrera à son tour son expérience et ses questionnements d'auteur.
Ce groupe aura pour mission de rencontrer les réalités d'un pays à travers ses acteurs culturels et les représentants de la société civile : intellectuels, enseignants, acteurs sociaux…
Enfin, des espaces personnels seront ménagés dans l'organisation du séjour afin de permettre à chacun de poursuivre une recherche poétique personnelle.
Pour assurer la densité du séjour avec un programme soutenu, Monique Blin accompagnera le groupe, se chargeant sur place du programme de rencontres, débats, visites, de l'organisation pratique, tout cela se faisant en concertation quotidienne avec les auteurs et les partenaires maliens, permettant au groupe d'infléchir la résidence en fonction des préoccupations et des souhaits qui surgissent au gré des rencontres...
Installé à la Maison du Partenariat de la ville d'Angers, au cœur de Bamako, le groupe bénéficiera d'une infrastructure à la fois adaptée aux exigences de la solitude et aux nécessités de réunions et de regroupements. Cette mise à disposition par le Maire d'Angers a facilité la qualité de la résidence.
Pour rendre plus vivantes les rencontres entre auteurs, metteurs en scène, comédiens… La Ruche invite Monique Hervouët, metteur en scène, à prendre part à la résidence. Elle sélectionnera les textes des différents auteurs, travaillera avec des comédiens maliens et organisera presque chaque soir des séances de lecture.

Enfin, la figure de Sony Labou Tansi est associée à cette résidence, en mémoire d'un auteur africain novateur et exemplaire, hélas trop tôt disparu…
Le programme journalier détaillé de la résidence, que l'on trouvera dans ce dossier, permet de se faire une idée du rythme et du contenu de la résidence.
Par ailleurs, les quelques lignes écrites par chaque auteur rendent également compte de la richesse de l'expérience et de son originalité.

Les auteurs

Pour imprévisible que soit son fonctionnement, la constitution d'un groupe appelé à vivre ensemble pendant un mois, est un exercice de dosage subtil. Si rien ne peut garantir qu'un groupe vivra sans heurt ou sans conflit, l'addition de certains paramètres (mais aussi un certain " flair ") peut poser les bases de la cohésion et du respect mutuel.
Ainsi, la résidence se déroulant au Mali, il était évident qu'un ou deux auteurs maliens en seraient. L'éclairage permanent donné par ces deux auteurs maliens sur leur réalité d'auteur et de citoyen, complétait ce qui nous était dit au cours des échanges et des visites. Par ailleurs, il paraissait bienvenu de former un groupe hétérogène du point de vue des expériences et des origines…

Trois des auteurs africains, Idi Nouhou (Niger), Hermas Gbaguidi (Bénin), Léonard Yakanou (Togo), avaient pris part au stage d'écriture dramatique organisé quelques mois plus tôt au Togo, ils avaient encore une jeune expérience. L'auteur Daniel Besnehard, secrétaire général et dramaturge au Théâtre d'Angers vivait la réalité d'un auteur joué et publié depuis plus de vingt ans. Eric Durnez membre fondateur d'Ecritures vagabondes avait pris part à la résidence libanaise. Ahmed Ghazali, du Maroc, travaille et vit actuellement au Québec. Alfred Dogbe du Niger, avait connu l'expérience d'une résidence au Festival International des Francophonies en Limousin.
Seul point faible du groupe : l'absence d'auteure. Les circonstances et une certaine difficulté à identifier des femmes auteur de théâtre en Afrique, ont amené cette situation.
L'active présence de Monique Blin et de Monique Hervouët a quelque peu remédié à ce problème…

Bilan…

Du point de vue de son organisation, La Ruche a fonctionné comme prévu et correspondait au projet tel qu'il avait été conçu. La plupart des rencontres et visites prévues ont eu lieu et la capacité de réaction et d'improvisation des organisateurs a permis de " rentabiliser" au mieux ces quatre semaines. Le lieu choisi, la Maison du partenariat de la ville d'Angers convenait parfaitement et ses responsables étaient disponibles et compétents.
L'originalité de cette expérience et ce qui en fait une réussite, c'est le côté " work in progress " de la résidence. Le groupe se réunissant chaque matin, les demandes et les questions qui surgissaient trouvaient souvent réponse les jours suivants. Quelques personnes extérieures à la résidence dont quelques femmes auteurs ainsi que Françoise Ligier et Aline Présumey nous rencontraient régulièrement et venaient suivre nos séances de lecture ou nos débats. Nos échanges en ont été approfondis et de nouveaux sujets de discussion sont nés de ces rencontres. L'implication et le regard très averti de Moussa Diagana (sociologue, expert au Pnud, auteur dramatique) a particulièrement enrichi notre perception des réalités africaines et, par effet de contraste, européennes. Bon nombre de débats ont d'ailleurs porté sur la question des différences et de ce qui fonde l'organisation des sociétés. Des sujets réputés "sensibles " furent abordés franchement : le poids des religions, la place des femmes, la réalité de la démocratie, la famille et la tradition, la codification des relations, la cohabitation des ethnies, l'homosexualité et, plus largement, la conception de la liberté individuelle, l'oralité, les frontières, l'universalité des valeurs etc.

Un autre pan de nos recherches était plus spécifiquement littéraire. À la suite des lectures des manuscrits des auteurs résidants menés par Monique Hervouët, des échanges divers s'enclenchaient sur les thématiques abordées par les auteurs mais aussi sur des points de dramaturgie : narration, construction des personnages, travail de la langue… Chaque auteur a été ainsi " mis sur la sellette " mais toujours dans une ambiance agréable et respectueuse. Ces séances de travail étaient tout autant pour les auteurs en début de parcours, qui recevaient un ensemble d'avis critiques de leurs pairs, que pour les plus chevronnés, poussés à clarifier leur pensée et à conceptualiser quelque peu des pratiques d'écriture…

Un autre aspect important des activités de la Ruche a été la rencontre avec des étudiants ou des lycéens. Nos visites dans les amphis, les salles de classe ou les bibliothèques furent des moments impressionnants, d'une part parce que nous étions contents d'être en situation de donner quelque chose de nous-mêmes -et pas seulement de recevoir-, d'autre part parce que l'intérêt des jeunes, la sensation de leur besoin de savoir et de rencontrer, nous a fait entrevoir les immenses besoins culturels et intellectuels de cette société où les moins de vingt-cinq ans sont majoritaires.
Le rythme des journées a permis un incessant aller-retour entre perceptions personnelles et collectives. Chaque auteur poursuivait à son rythme son travail d'écriture… À l'ordinateur pour certains, dans la déambulation solitaire pour d'autres… Les retrouvailles par plus petits groupes à certains moments de la journée, au lever du jour ou tard dans la nuit, permettaient de prolonger des échanges, de confronter les impressions et de mieux faire connaissance les uns des autres.
Le fait d'être loin de chez soi, des préoccupations quotidiennes, permet à l'esprit d'être dans une particulière disponibilité. Par ailleurs changer radicalement d'environnement transforme le regard porté sur ses lieux de vie habituels.
Le groupe étant composé de personnalités " faciles à vivre ", ce modèle de résidence pariant essentiellement sur l'échange et l'ouverture à l'autre, a parfaitement fonctionné…

Les suites

Le 15 avril 2002, chaque auteur remettra un texte dramatique, inspiré, initié par la résidence. Contrairement à la proposition qui avait été faite au Liban, les organisateurs n'ont pas imposé de thème aux auteurs. Cependant, en fin de résidence, chaque auteur a livré un avant-goût de ce que serait son texte.
Fin mai 2002, le Nouveau Théâtre d'Angers organisera une opération Retour de Bamako au cours de laquelle des auteurs seront présents. Leurs textes seront mis en lecture ou en espace, d'autres lectures pourront se faire au Mans où Monique Hervouet dirige une compagnie théâtrale, dans un lieu à Paris que Monique Blin sera chargée de trouver ;
Il a été proposé au Festival des Réalités à Bamako de choisir à sa convenance un ou plusieurs textes pour sa programmation en décembre 2002.
Les textes achevés seront confiés à l'éditeur Emile Lansman, pour la collection Ecritures vagabondes inaugurée par les deux volumes de Liban, écrits nomades.
Un travail photographique réalisé par le photographe malien Youssouf Sogodogo et par Eric Durnez, pourrait déboucher sur des expositions accompagnant les lectures ou les événements " post-résidence ".
D'autres lectures ou mises en espace ou mises en scène devraient avoir lieu dans les pays des auteurs respectifs.
Ecritures vagabondes, le Nouveau Théâtre d'Angers et Blonba s'attacheront à faire connaître les textes, à les faire circuler, et à appuyer des initiatives.
Les contacts seront entretenus entre auteurs " vagabonds " afin de créer un réseau d'auteurs francophones, avec la découverte de nouveaux talents et de mettre sur pied de nouvelles manifestations.

Au Mali, Boubacar Belko Diallo et Tiecoro Sangaré,( les deux auteurs maliens ayant pris part à la résidence) accompagneront Alioun Ifra N'Diaye, directeur de Blonba, pour la préparation d'une deuxième Ruche Sony Labou Tansi à Bamako (4è trimestre 2002). Moussa Diagana a accepté d'en être le conseiller. Un comité de lecture sera constitué pour la découverte d'une nouvelle génération d'auteurs maliens. Des projets de convention avec la FLASH (université malienne) l'INA et des lycées pourraient également être concrétisés.
Un fond Sony Labou Tansi est en voie de création...
BlonBa a proposé d'offrir son lieu au cours de l'année pour permettre aux deux auteurs maliens de La Ruche d'y trouver les conditions matérielles de silence pour la suite de leurs travaux d'écriture.
Un projet de partenariat entre BlonBa et la compagnie Acte 7 est à l'étude pour l'enregistrement sur CD de quelques textes dramatiques, ces textes pourraient également être diffusés sur les ondes sous le label la Ruche Sony Labou Tansi

Il est important de reconduire la ligne budgétaire concernant l'acquisition de livres de théâtre ou de littérature (une soixantaine de livres ont été achetés et répartis entre les auteurs. Nous remercions Emile Lansman pour sa complicité).

Monique Blin et Eric Durnez
30 décembre 2001

 
Réalisé par Afribone en collaboration avec Ecritures Vagabondes
2002

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