Les
falaises de Badiangara, en pays dogon, situé à environ
550 kilomètres au Nord-est de la capitale, Bamako, est un circuit
touristique incontournable. Certains villages, comme dans la région
de Tireli, sont classés patrimoine mondial par lUnesco.
Aux XVIIè et XVIIIè siècles, les falaises
de Badiangara ont servi de refuge aux Dogons assaillis par leurs
voisins Peuls et Mossi ; plus tard, les escarpements les ont protégés
contre les enrôlements forcés dans larmée
française ou en tant que travailleurs dans les chantiers
et les exploitations.
Les
Dogons tirent durement leur subsistance, le mil, de la savane aride
qui constitue leur terre. Afin de gagner des revenus supplémentaires,
ils transportent, souvent à dos dâne, de la terre
vers les abords des barrages et points deau où ils
aménagent des aires de culture maraîchère: oignons,
tabac, piment. Ces produits seront vendus à Bamako, ou au
Burkina voisin.
On entre dans un village dogon par une porte en bois, sculptée
de motifs racontant la cosmogonie de la famille fondatrice. Les
petites cases carrées de 2m sur 2, coiffées dun
toit de chaume conique à limage du chapeau dogon proposé
aux touristes, se serrent les unes contre les autres pour former
une cour intérieure où se déroulent les différentes
occupations quotidiennes : cuisine, sculpture, tissage.
Le chef de clan dogon sappelle le hogon. Sa case est construite
sur les escarpements, en retrait par rapport au village. Le hogon
est un chef traditionnel et charismatique, élu parmi les
anciens qui exercent un pouvoir réel sur le clan. A lapproche
de sa mort, le hogon est installé dans une excavation aménagée
dans la falaise, où il pratique la méditation en total
retrait par rapport au monde matériel. Juste au-dessus de
sa tête, dans des cavités creusées dans la falaise,
reposent les mânes de ses ancêtres.
La
case à palabre est une construction sans murs, faite de gros
piliers soutenant une toiture composée de plusieurs couches
de branchages, de plâtre, de chaume. Ce qui assure une fraîcheur
très appréciée par les vieillards qui y siègent
pour débattre des affaires importantes concernant le village,
la famille, le clan.
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Les Dogons sont foncièrement animistes,
malgré une conversion partielle à
lislam, ou au christianisme un peu plus
tard. Des missions protestantes (1930) et catholiques (1950)
se sont installées et qui ont favorisé laccès
des enfants à lécole primaire, aux soins
médicaux.
« Cependant les devins et les guérisseurs
avouent avoir des clients de toutes les religions. Une certaine
ambivalence règne en matière de pratiques religieuses.
Dune part les jeunes Dogons sont conscients de leur
handicap lorsquils évoquent leurs pratiques animistes
à lextérieur de leur communauté,
et certains confient quils se convertissent à
lislam pour obtenir un passeport lors de leurs déplacements.
Dautre part les religions monothéistes ont permis
aux jeunes générations de se démarquer
des pratiques traditionnelles et du pouvoir des anciens. Mais
dès quil y a rupture dans léquilibre
écologique (sécheresse, invasion de criquets)
ou familial (maladie, décès), les pratiques
animistes réapparaissent chez les croyants des religions
révélées ». (Maïlis
Ardour, ethnologue, GEO n°275, janvier 2002)
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