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RESIDENCE D'AUTEURS DRAMATIQUES
A BAMAKO
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- dernière maj juillet 2003

Par David Djaomanoro
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Jeune guide touristique

Vendeurs de souvenirs

Maison richement décorée

Falaise de circoncision à l'arrière plan

Contact :
David jaomanoro
50, rue de la briqueterie, cavani
97600, mamoudzou, mayotte
Tél : (0269) 61 42 64
Portable : (0269)65 55 66
E-mail : davidjaomanoro@wanadoo.fr

 

Pays dogon: mythe ou réalité (suite)

Une tranche importante de la population malienne (35% environ) n’a pas accès à des points d’eau. Les ONG ont construit des barrages de petite taille, ont creusé des puits, construit des écoles (60,2% de la population de plus de 15 ans sont illettrés). Cette démarche a favorisé le tracé d’itinéraires touristiques.

Malheureusement, les principaux objets de ces indiscrétions organisées et génératrices de somme d’argent faramineuse, ne bénéficient pas des retombées financières.

Des guides zélés chassent à coups de bâton les jeunes désœuvrés qui tentent de vendre un objet, ou de proposer un service d’une manière jugée trop insistante.

Les Dogons sont assaillis chaque année par des milliers de touristes.

S’étonnera-t-on si tout le monde s’improvise guide ou vendeur d’objets de collection ?

Les victimes sont surtout les enfants. Ils se constituent en comités d’accueil et attendent les touristes à l’entrée et à la sortie des grottes, avec des mélopées de bienvenue, les cadets sur le dos ou sur les hanches des aînés. Il s'agit pour eux de se vendre au lieu de se scolariser.

Les jeunes, eux, quand ils ont pu arracher quelques billets aux intrus, ils vont les consommer dare-dare en bière et alcool à l’hôtel de luxe qui fait miroiter devant leurs yeux un ailleurs où les devises coulent à flots. Un élu de la région a confié que les écoles, les micro-barrages, les dispensaires, sont des miettes infimes comparées aux sommes mirifiques brassées par les Agences de tourisme, les ONG et quelques dirigeants politiques. De la poudre aux yeux de la population que l’on maintiendrait exprès dans la misère afin de mieux les exploiter ; de la poudre aux yeux des touristes sur les circuits desquels ont été érigés ces outils de développement. ¦

Ibrahim le Vaillant n’est plus bilakoro (1)

Ibrahim Le Vaillant a été initié avec quatorze autres garçons de sa classe d’âge. Il raconte.

Le jour de la circoncision nous a été révélé quand nous étions déjà réunis sous la Grande-Falaise, sur l’aire d’initiation, séparée en deux pièces à ciel ouvert. Les bilakoros que nous étions encore pour très peu de temps entraient un par un dans la deuxième pièce, et ne revenaient pas dans la première où attendaient avec appréhension les autres garçons. « La peur me sciait le ventre, mais je ne le montrais pas », confia Ibrahim. Le circonciseur attendait au milieu de l’aire, assis sur un gros rocher. Aucun cri, aucune plainte. Les nouveaux circoncis étaient dirigés à l’intérieur d’une petite grotte, à l’abri des yeux et des oreilles de leurs camarades. La Grande-Falaise nous a servi de refuge pendant un mois, durée légale de l’initiation. Nous dormions là ; nos mères nous apportaient nos repas là-haut, mais elles restaient à la lisière, cachées à nos yeux ; l’aire d’initiation leur étant interdite. L’initiation était assurée par Fané, un vieillard de caste forgeron qui connaissait l’histoire du clan, du village, jusqu’au moindre caillou. Il nous révélait des choses que nous devions garder secrètes toute la vie. Il fit de nous de vrais hommes.

Au bout d’un mois, nous étions complètement guéris ; mais une dernière épreuve nous attendait: une compétition. Il s’agissait de courir jusqu’au grand baobab qui trône au milieu du champ de mil, là-bas au delà du village, au delà du puits, de l’école ; ensuite cueillir un fruit sur une branche et le ramener à l’initiateur. « J’étais le plus fort. J’ai gagné en récompense huit gros sacs de mil et le respect de tous les garçons du clan », conclut-il avec fierté. Ali, le deuxième, a gagné Oumou, la plus jolie fille du village. Le troisième, c’était Sido ; sa récompense fut trois chèvres bien grasses.

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(1) Bilakoro : jeune garçon non circoncis.

David D.

 

Réalisé et hébergé par Afribone en collaboration avec IICD
2002

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