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RESIDENCE D'AUTEURS DRAMATIQUES
A BAMAKO
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- dernière maj juillet 2003

Par David Djaomanoro

La compagnie Nyogolon se distingue de façon particulière par son intervention en milieu hospitalier, notamment à l'hôpital psychiatrique du Point G.
L'objectif poursuivi à travers cette démarche, c'est un appui thérapeutique, un complément aux soins donnés aux malades mentaux qui sont internés dans l'établissement.


Philipe Dauchez (premier plan) et Adama Traoré

Lire "Hommage à Philippe Dauchez"


 

La Compagnie Nyogolon
un théâtre utile au service du développement

Philipe Dauchez découvre le Kotéba

Dirigée par Philippe Dauchez, la compagnie Nyogolon fonctionne depuis plus e 15 ans à Bamako. Elle s'est spécialisée dans le kotéba, une forme théâtrale populaire faisant intervenir le chant, la danse, les instruments et la musique. Elle se caractérise surtout par le fait que le public est aussi acteur. Les thèmes proposés concernent les problèmes de société : la corruption, la délinquance, la criminalité, l'adultère,… Tous les acteurs sont masculins ; ils sont costumés pour jouer des rôles féminins. La "scène" est circulaire et tournante. Le public se place tout autour. Les textes sont improvisés, une fois que le thème a été adopté. Dans un spectacle Kotéba, toutes les critiques sont autorisées ; toute dérision est permise, même celles dirigées contre les personnalités les plus respectables, les dirigeants politiques, à condition toutefois que l'anonymat du dindon de la farce soit strictement respecté.
Les comédiens chantent et dansent en rond, à la queues leu leu, ce qui facilite l'entrée en scène d'un quelconque spectateur.

La compagnie Nyogolon s'est spécialisée dans le théâtre "utile", une forme qui traite de sujets liés au développement, et qui s'assigne comme objectif l'information, la sensibilisation de la population sur des problèmes actuels comme le sida et les MST, la déforestation et la désertification, la sécheresse et la gestion de l'eau, etc.

Le Kotéba comme complément thérapeutique pour des malades mentaux.
Philippe Dauchez, le directeur de la compagnie ne prétend pas guérir les malades en les invitant à voir et à faire du théâtre. Il les invite à prendre conscience de la réalité à travers la musique, la danse et le jeu théâtral. Pendant la représentation à laquelle ils participent, les malades reprennent contact avec le monde réel, l'abrutissement causé par les médicaments et la maladie s'estompent momentanément, laissant la place à une lucidité plus ou moins grande selon les individus. Ils reprennent conscience de leur propre existence. Quelques fois, certains d'entre eux rentrent vraiment dans le jeu, chantent en solo ou en chœur, proposent des textes et le disent s'inscrivant ainsi dans le thème proposé. Nous avons insisté à l'une des premières représentations de la saison de la compagnie Nyogolon.

Une jeune maman, totalement absente au début du spectacle, reprit vie petit à petit jusqu'à se souvenir de chants qu'elle entonna, de danses qu'elle exécuta. Son regard s'éclaira, sa physionomie changea. Elle reprit contact avec la réalité. Ce fut une véritable métamorphose le temps d'un spectacle.
Selon le témoignage d'un psychiatre, responsable de l'établissement, plusieurs malades ont pu guérir plus vite grâce à ce théâtre qui les ramènent dans la réalité de façon répétée. " Ce théâtre, au delà de sa fonction ludique et distractive, est vraiment bénéfique pour les malades qui sont traités ainsi, ceci à plusieurs titres, affirme-t-il sans hésiter. Les malades et leurs familles qui s'occupent d'eux se sentent moins abandonnés, moins isolés. Ils se sentent toujours en contact avec le monde des bien portants, en bénéficiant d'activités culturelles comme eux, en recevant des visites telles que reçoivent des artistes, des personnes bien portantes et normales ".

Vendredi 13 décembre 2002

 

Réalisé et hébergé par Afribone en collaboration avec IICD
2002

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