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DEurope, du Maghreb, dAfrique Noire et de lOcéan
Indien nous étions venus, vagabonds et maîtres de lécrit
pensions-nous, à une rencontre au pays des maîtres de
la parole.
Aux premières lectures entre auteurs, aux premières
confrontations des idées, le premier constat : certes, le
théâtre nest plus une culture de masse mais,
absent de la télévision et de la radio, figurant en
entrefilets dans la presse, soumis aux critères de laudimat
pour les subventions, le théâtre est devenu un art
de survie.
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À tour de rôle, nous avons lu et entendu nos textes
: de la misère toujours, de la violence encore, de lexil
parfois, mais aussi des contes traditionnels du Bénin et
des légendes des Juifs dAnvers.
Bruxelles, Paris, Alger, Bamako, Cotonou, Abidjan, Lomé,
Tananarive
Pourquoi écrivons-nous ? Quy a-t-il au fond de toi
? Quelle est cette lutte qui va de la revendication identitaire
à la revendication des droits dauteurs ?*
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À Bamako, les autorités napportent quun
soutien moral au festival des Réalités. Pourtant,
les spectacles en bambara et en français sont gratuits et,
tant bien que mal, le festival suit son cours. Francophonie ? Les
Maliens parlent et critiquent : le théâtre est en crise
malgré sa diversité et sa richesse, le français
est une langue de communication superficielle, on crée pour
les intellectuels et non pour le pays profond, au festival de Bamako
on ne découvre pas le Mali mais les autres
Miracle, les lampions de la fête sont éteints, mais,
au milieu du pont, le fleuve Niger resplendit toujours dans la nuit.
Il nous faut rentrer, nous sommes si loin. Auteurs de tout bord,
vagabonds de toutes latitudes, nous avons découvert lAutre:
cétait plus important que les autres.
Rentrer est si difficile, nous étions si près, si
proches.
Vagabonder, parfois, cest vivre un peu.
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