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RESIDENCE D'AUTEURS DRAMATIQUES
A BAMAKO
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- dernière maj juiilet 2003

Portrait de l'auteur

Contact :
Koffi KWAHULE2, rue de la Folie Méricourt
75011 Paris (France)
Tel : 33 (0) 1 48 05 65 85
Fax : 33 (0) 1 48 05 66 37
e-mail : kwahule@infonie.fr

 

Koffi Kwahule
Bilan de la Ruche 2002

Que ce soient les matinées de discussions, les lectures ou les excursions, notamment en pays dogon, ou encore les rencontres informelles que j’ai pu avoir avec des auteurs africains, ainsi que l’opportunité d’être présent sur place au moment du festival des réalités pour la découverte, il est vrai partielle, de l’état des expressions dramatiques africaines, cette résidence à Bamako a été pour moi une expérience particulièrement enrichissante parce qu’orientée du côté de la rencontre tant humaine, culturelle que géographique.

Autant de rencontres qui, à mon sens, nourrissent l’écriture et dynamisent la recherche artistique.

1°/ Les « matinées-discussion »
Ces débats réguliers pendant lesquels l’un des membres de la résidence ou un artiste invité venait nous parler d’un aspect du théâtre de son pays ont non seulement créé une sorte de tempo du séjour mais ont en outre eu le mérite de structurer le groupe, en nous aidant à nous connaître un peu mieux. Je me rappelle encore l’exposé du Béninois Marcel Orou Fico sur le Théâtre Wassangari qui a débordé le cadre relativement restreint du théâtre pour aborder l’histoire du peuple Wassangari, peuple immigré du Niger anobli par la suite au Benin.

2°/ Les lectures
Exercice, il faut bien le reconnaître, parfois fastidieux ! Ici en revanche, les lectures m’ont permis de dresser une sorte de mini-parcours panoramique des préoccupations qui traversent actuellement l’écriture théâtrale africaine. J’ai notamment réalisé la communauté d’inspiration qui commence à se faire jour entre les auteurs « en exil » et ceux du continent. Le cas du Togolais Rodrigue Norman, qui vit aujourd’hui en Belgique, est à ce titre exemplaire.

Les pièces qu’il a lues, et qui ont constitué pour moi une vraie découverte, bien qu’écrites à Lomé, s’échappent des préoccupations strictement africaines, ou perçues comme telles, pour s’inscrire pleinement dans le débat sur la contemporanéïté de la langue théâtrale.

3°/ Le voyage en pays dogon
Le vrai choc de ce voyage au Mali a été pour moi le pays dogon. Je pensais rencontrer un peuple dont l’apport dans la connaissance de l’astronomie est maintenant établie par les plus hautes autorités en la matière, et j’ai découvert les derniers Indiens. Les villages dogon, sous la pression de la demande touristique, se sont peu à peu transformés en « réserves indiennes ». La mendicité et l’alcool achèvent, devant le silence et l’aveuglement complices de tous, de ruiner l’âme dogon. Car on a fait de ce peuple un gadget consumériste ; on vient par cars entiers consommer du « mystère dogon ». Mais le mystère est déjà mort, ne reste désormais plus que le numéro de cirque que les enfants et les guides touristiques dogon exhibent devant l’infantile quête d’exotisme des touristes. En pays dogon, j’ai vu un cas de non-assistance à peuple en danger.

4°/ Rencontres avec les auteurs africains
De façon purement informelle, des auteurs africains ont souhaité me rencontrer afin de discuter de leur travail d’auteurs de théâtre. Leurs demandes et leurs interrogations m’ont fait toucher du doigt, un problème dont on ne mesure pas assez l’impact sur l’état de l’écriture qui s’élabore aujourd’hui en Afrique même, la solitude, plus précisément l’isolement des créateurs par rapport aux questions que le théâtre se pose sur lui-même aujourd’hui. A défaut d’une véritable vie théâtrale et de rencontres avec les créateurs d’autres continents qui circonscriraient un espace de confrontation et d’émulation, l’écriture théâtrale africaine se sclérose.

Les auteurs, du moins ceux que j’ai eu le bonheur de rencontrer, en sont conscients et souhaiteraient la multiplication de ces « ateliers empiriques » où ils pourraient échanger, et surtout soumettre leurs écrits à des auteurs qu’ils estiment suffisamment impliqués dans le devenir de l’Afrique pour être « écoutés ». Il ne s’agit plus de fabriquer de nouveaux ateliers d’écriture où l’on viendrait écrire, et qui n’ont jamais fait leurs preuves, mais de créer des moments où des auteurs discuteraient avec des « grands frères » de leur démarche littéraire.

Il me paraît par conséquent essentiel que l’Association Écritures Vagabondes dont l’action, résolument tournée vers l’écriture théâtrale, est de plus en plus reconnue et appréciée, ouvre le champ de ses activités à ces demandes et interrogations.

KK

 

Réalisé et hébergé par Afribone en collaboration avec IICD
2002

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