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Le théâtre est un lieu privilégié de
l'échange, de la rencontre, de l'intercompréhension,
de l'interdépendance, entre l'auteur (à travers son
texte), le metteur en scène et les comédiens qui recréent,
réinventent le texte, et le public qui, lui aussi, donne
au spectacle (texte, jeu, mise en scène) un sens particulier,
le sien. C'est donc l'espace par excellence de l'humilité.
Je souhaite voir faire au théâtre tellement de choses.
Mais tout d'abord, il faut donner au théâtre les moyens
d'exister, de continuer à intéresser les publics :
créer des structures, former des comédiens et des
techniciens de la scène, organiser des rencontres.
Je pense qu'il faut commencer par valoriser, encourager en vue
de les développer les expressions traditionnelles du théâtre
local, reconnues comme des expériences humaines qui valent
la peine, quitte à ce qu'elles cohabitent avec les formes
occidentales.
La compagnie nyogolon (bamako/mali), par exemple, fait un travail
fantastique à partir d'une forme théâtrale traditionnelle,
le kotéba.
Ce terrain privilégié du dialogue est aussi concerné
par la mondialisation. Toutefois, le mondial doit être assimilé
à l'humain, lequel est atteint lorsque l'écriture,
tel l'arbre qui s'enfonce dans la terre y puise essence et vigueur,
par un enracinement profond dans le terreau, acquiert son authenticité
et sa force. Ma contribution sera modeste. D'abord, améliorer
mon écriture. Ma contribution à faire avance le théâtre
sera effective dès lors que mon écriture trouvera
sa place.
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