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RESIDENCE D'AUTEURS DRAMATIQUES
A BAMAKO
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- dernière maj déc 2003

Résidence "La Ruche Sony Labou Tansi" à Bamako !

Moussa Diagana, sociologue et auteur, parle de la Ruche

LES AUTEURS

Article paru dans la presse malienne
journal Le Reflet du 24.12.2003

"LA RUCHE SONY LABOU TANSI"
La riche expérience d'une résidence littéraire

"La Ruche Sony Labou Tansi" a pris fin le week-end dernier (25 novembre-20 décembre 2003). Organisée par "Seben" (Association malienne d'auteurs dramatiques) en collaboration avec l'association française "Ecritures vagabondes" et le Nouveau théâtre d'Angers, cette 3è édition de la résidence d'écriture a réuni une dizaine d'auteurs venus de divers horizons.

Pendant un mois, un groupe d'écrivains "expérimentés et passionnés" de théâtre ont vécu et partagé la réalité malienne dans ses diverses facettes. Il s'agit de Djalila Hajar Bali (Algérie), Valérie Deronzier (France), Véronique Mabardi (Belgique), Brahim El Hanai (Maroc), Jean-Yves Picq (France) Coulibaly M'Bamakan Soucko (Mali) et Ibrahima Aya (Mali).

Un groupe qui a travaillé sous la coordination de Monique Blin (Ecritures Vagabondes) assistée de Monique Hervouët et Claude Yersin (metteurs en scènes). La Ruche Sony Labou Tansi est une initiative de Monique Blin. Une idée qui a germé suite à une résidence d'écriture au Liban. L'idée a pris corps au Mali grâce à la synergie d'action des Editions vagabondes, du Nouveau théâtre d'Angers et Blonba.

Cette initiative est ainsi devenue un tremplin pour l'éveil et la promotion de la jeune génération d'écrivains africains. En effet, comme le souligne souvent Monique, la ruche vise à "reconnaître la place des auteurs à qui l'on n'accorde pas assez d'importance en Afrique". La résidence a été dédiée à Sony Labou Tansi pour rendre un hommage mérité à l'écrivain congolais prématurément arraché à la littérature africaine.

Intense activité de création
L'édition 2003 a été marquée par une intense activité de création. Ce qui n'a pas empêché les participants de participer à l'enregistrement de l'émission "En toutes lettres" de l'ORTM.

La lecture publique organisée au Centre culturel français de Bamako, a aussi été un événement phare de la résidence de dramaturgie. Il s'agissait des textes mis en voix avec l'accompagnement du trio de Bassékou Kouyaté, le prince des cordes. Des textes tirés de "La Brasserie" de Koffi Kwahule (Côte d'Ivoire) et des "Baiseuses de nuit" de la jeune malienne Hawa Diallo.


Chronique de l'actualité
La première œuvre a certainement été inspirée par la dramatique crise socio-politique que vit le pays de l'écrivain, la Côté d'Ivoire, jadis un havre de paix. Elle suscite l'espoir d'une fin prochaine de la guerre et met en évidence les efforts à entreprendre pour soigner les plaies et entreprendre la reconstruction. Cette reconstruction est-elle réellement le souci des vainqueurs plutôt préoccupés par le sort de "La Brasserie" ? Rien n'est moins sûr.


La décadence des valeurs morales et traditionnelles consacrées par le comportement de ces parvenus qui aiment profiter de la misère des autres ! Voilà, la quintessence de l'œuvre de Hawa Diallo, une valeur sûre de la littérature malienne.

La prometteuse dramaturge, essayiste et poète touche de la plume, un fléau qui se développe dans le terreau de la pauvreté : la prostitution ! Face à l'impasse sociale, elles n'ont souvent guère le choix que de vendre leur corps pour venir en aide à ceux qui leur sont chers (parents, frères, sœurs...). La majorité des filles qui se prostituent ont-elle réellement le choix ? "La baiseuse de nuit" n'en avait pas en tout cas.

Découverte du pays profond
La Ruche Sony Labou Tansi ne sait pas uniquement consacrer qu'à la création. L'édition était aussi de la fête. La résidence a été ainsi l'occasion de lancer des œuvres de très bonne facture.

Il s'agit de "Les larmes du Djoliba" de Ibrahima Aya, participant à la ruche, et "Le secret de la dune" de Boubacar Belco Diallo, président de Seben et de l'Association des artistes du Mali. Ces deux talentueux auteurs ne sont pas des inconnus dans le cercle culturel du pays.

En dehors des activités et des rencontres avec des personnalités comme le ministre de la Culture, Cheick Oumar Cissoko, la résidence a été l'opportunité de découvrir le Mali profond. "Cela permet de mieux connaître le pays, de connaître les populations à travers leurs occupations et traditions...", a souligné Monique Blin. La coordinatrice a apparemment été impressionnée par l'animation du marché de San et surtout la coquetterie et la jovialité des vendeuses sanoises.

Une expérience incomparable
Les participants ont quitté Bamako aec nostalgie et surtout riches d'une nouvelle expérience qu'ils qualifient unanimement "d'authentique et de d'incomparable". La pertinence de l'entreprise est évidente pour tous les "résidents".

"Cette résidence m'a beaucoup marquée. Elle m'a permis de mieux maîtriser les astuces de l'écriture dramatique. Et les échanges francs et fructueux que je viens d'avoir avec des auteurs expérimentés d'autres pays ,va forcément influencer mon inspiration. La Ruche est un tremplin pour nous jeunes écrivains..."
, reconnaît Robert Silivi du Togo.

Le benjamin, auteur de "Croisée de Solitudes" qui lui valu le premier prix d'un concours littéraire dans son pays, a ainsi résumé les sentiments de ses aînés.

Il ne pouvait en être autrement, parce que les écrivains ont en commun la pertinence et la subtilité de l'inspiration, même s'ils l'expriment différemment dans leurs œuvres.

Moussa Bolly

Les maîtres d'œuvre
La Ruche de Sony Labou Tansi témoigne de la vitalité de la culture, la littérature singulièrement, comme facteur de cohésion entre les peuples. Cette flamme est aujourd'hui allumée et entretenue par les Editions vagabondes (France) et Seben, une association qui regroupe les auteurs dramatiques du Mali.
Présidée par le prolifique et talentueux Boubacar Belco Diallo, Seben est un regroupement à but non lucratif. "Nous ambitionnons d'apporter notre modeste contribution au développement du théâtre malien. L'association se veut ainsi un lieu de rencontre, de partage et d'échange d'expériences favorisant l'émergence de nouveaux talents par la mise en place d'un cadre adéquat pour les auteurs dramatiques", explique le dramaturge, écrivain-comédien.
Seben est ouvert à tous les auteurs dramatiques résidant au Mali. Ce cercle de la création et de la promotion littéraires va certainement s'agrandir avec l'adhésion des trois premiers lauréats (pièce) de la dernière biennale artistique et culturelle du Mali.
Quant à Ecritures vagabondes, elle est née en avril 2000 avec la collaboration du Centre Wallonie-Bruxelles (Belgique). "Notre objectif est d'initier des chantiers et résidences d'écriture dans les pays du Sud afin de favoriser le croisement et la découverte d'une nouvelle génération d'auteurs ainsi que la circulation de leurs œuvres", explique la présidente Monique Blin.
Cette initiative est une prolongation des "Ecritures nomades". Du nomadisme au vagabondage, il n'y a qu'un pas que l'inspiration franchit allègrement. Pour Monique, "bouger, voyager et venir" ont la même signification parce que permettant aux écrivains de partager leurs expériences pendant quatre semaines. "Une immense richesse" qu'on ne peut acquérir que par le biais de ce "vagabondage".
Aux deux larrons, s'est joint le Nouveau théâtre d'Angers (NTA), la ville jumelle de Bamako. Dirigé par Claude Yersin, cet espace est aujourd'hui "la plus importante entreprise de production théâtrale des pays de la Loire". Une inespérée opportunité de promotion pour les jeunes écrivains. Tout comme la ruche qui est ouverte à tous les genres car l'inspiration n'a pas de... frontière !

Moussa Bolly

 
Réalisé par Afribone en collaboration avec Ecritures Vagabondes
2002

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